Je me suis rasée la tête… et ce n’était pas pour un big chop !

Je n’aurais jamais cru avoir les cheveux aussi courts un jour. Cela fait maintenant un mois que je me suis rasée la tête, comme Britney Spears en 2007 (Je ne pense pas que c’est un bon exemple). Mais, je voulais partager cette expérience avec toi puis ce qu’elle m’a fait grandir.

Comme la plupart des filles aux cheveux frisés, bouclés, ondulés ou crépus, j’ai une relation particulière avec mes cheveux. J’ai grandi dans un monde où la plupart des actrices noires avaient les cheveux lissés dans les films et c’était la même chose pour mes chanteuses préférées. Dois-je aussi te parler des poupées Barbie qu’on avait auparavant ?Celles qui avaient de longs cheveux souples. Et moi ? J’étais là, assise entre les jambes de ma maman à retenir mes larmes quand elle me démêlait les cheveux avec son peigne (qui parfois se cassait dans mes cheveux).

« Il faut souffrir pour être belle, tu sais ? »

C’est ce que me disait ma maman quand je pleurais parce-que le sèche-cheveux me brulait le crâne pendant qu’elle me lisait les cheveux. C’était le rituel du brushing en week-end, tu connais ? Un supplice ! Mais, il fallait que mes cheveux soient lisses pour que je sois jolie. Il fallait dompter la bête, la moindre boucle. J’ai toujours eu beaucoup… beaucoup de cheveux ! Je me souviens encore de ses soupirs quand elle ne savait plus quoi en faire. J’étais très active, enn ti zom (Je le suis toujours) qui courait dans tous les sens, grimpait aux arbres en cachette pour casser des mangues, donc, j’avais souvent les cheveux en bataille, ça n’arrangeait pas les choses…

Quelques années après, je me retrouve dans un collège où je pouvais compter sur les doigts d’une main combien de filles avaient les cheveux bouclés. Je me réveillais tous les matin à cinq heures pour me lisser les cheveux pour ensuite les attacher en une queue de cheval ou en un chignon très serré. J’ai subi pas mal de moqueries venant des filles au collège et je me souviens de chaque remarque – ces choses restent à vie. Heureusement que… les temps changent ! Je commence petit à petit à assumer mes cheveux bouclés à l’âge de seize ans.

Une photo prise quand j’avais 19 ans dans le studio d’une amie.

Le déclic ? Une petite visite chez la coiffeuse, mes cheveux étaient tellement abîmés (pas étonnant pour une personne qui se lissait les cheveux TOUS les jours), elle a donc du les couper. Je ne te parle pas d’une petite coupe de 3cm mais d’un changement radical et pour moi à seize ans, c’était un drame! J’ai mis mon fer à lissé de côté et quelques mois après, j’ai commencé à faire des vidéos sur YouTube. Les réseaux sociaux m’ont beaucoup aidé à accepter mes cheveux – c’était incroyable de voir autant de filles avec les cheveux bouclés et des tutoriels pour apprendre à faire des soins capillaires.

Nous sommes donc au stade où j’assume enfin mes cheveux, mais pas le volume! Ce n’est qu’en 2017 que je commence à assumer le fait que j’ai une touffe sur la tête.

J’attirais les regards dans les rues, les gens se moquaient de moi. Ils n’hésitez pas à dire à haute voix que c’était surement une perruque. Ça n’a pas été facile tous les jours mais en même temps mon activité sur les réseaux sociaux a aidé beaucoup d’autres filles à assumer leurs cheveux et ça me donnait du courage.

Je dois aussi avouer que j’avais souvent des compliments mais cette phase de ma vie m’a aussi fait réaliser que j’allais vivre beaucoup d’injustices à cause de mon type de cheveux. Je pourrais te parler de mon expérience à l’école où les filles aux cheveux droits pouvaient se lâcher les cheveux mais si c’était moi, cela voulait dire que je ne respectais pas les lois de l’établissement. On m’a vite fait comprendre que dans le monde du travail j’allais devoir m’attacher les cheveux. Des inconnus m’appelaient « mine apollo » en pleine rue, d’autres n’hésitaient pas à me toucher les cheveux dans l’autobus (sans ma permission) pour ensuite me sortir un « sorry mamzel mo ti croir enn perik sa ». Comment te dire que même si c’était une perruque, ça ne te donnais pas le droit de me toucher ?! Plus encore, avant j’avais droit aux moqueries et maintenant c’était « Sans ses cheveux, elle serait moche ». Décidément, ça n’en finit pas ! Sortir avec les cheveux lâchés, c’était plus stressant qu’autre chose. J’avais constamment peur qu’on me tire sur les cheveux, que quelqu’un jette son chewing-gum dans mes cheveux… Ce n’était pas de tout repos et des fois je me demandais si c’était la même chose pour les filles aux cheveux droits.

Actuellement, oui ! J’adore mes cheveux. Comme tu peux le voir, ça m’a pris beaucoup de temps pour accepter cette partie de moi. Mais, avec beaucoup de recul, j’ai commencé à réaliser en 2019 que je me suis peut-être cacher pendant longtemps derrière cette touffe.

« Vous savez, à trente ans, je vais me raser la tête! »

Je disais souvent cette phrase à mes amis. Pour moi, c’était évident que tôt ou tard j’allais me raser la tête. J’allais vivre cette phase au moins une fois dans ma vie. Par contre, je ne m’attendais pas à ce que se soit aussi tôt.

2019 a été une année très difficile pour moi. Je suis tombée gravement malade en juillet, au point de ne plus pouvoir marcher correctement pendant quelques semaines, j’ai perdu des amis que je considérais comme ma famille et j’ai vécu la plus grosse rupture de toute ma vie. Je suis contente de pouvoir dire que je ne regrette pas d’avoir vécu tout ça. Sur le moment, j’avais l’impression de voir mon monde s’effondrer et je suis incapable de te décrire la douleur que j’ai ressenti pendant des mois. Je pense que tout arrive pour une raison et cette situation m’a secouée. J’ai commencé à me remettre en question comme jamais auparavant, je me suis isolée pour mieux me retrouver.

En novembre, j’allais beaucoup mieux, mais je voyais clairement que quelque chose clochait. Je coupais sans cesse mes cheveux, j’avais fait trois colorations en un mois, je passais mon temps à porter des tresses africaines ou des faux locs. Je n’arrivais juste plus à voir mes cheveux, je ne voulais plus en prendre soin. Ce n’était pas de la haine ou de la colère, ce n’était encore moins à cause de la rupture. J’aimais mes cheveux mais quelque chose au fond de moi me disait qu’il était temps de faire ce que j’ai toujours voulu faire… Le 25 décembre 2019, je portais des faux locs. C’était instantané, je me suis retrouvée dans la salle de bain, j’ai enlevé mes locs et j’ai pris la première paire de ciseaux que j’ai trouvé, et boom ! J’avais les cheveux courts, très courts.

« On est femme parce que l’on décide de l’incarner et non pas parce que l’on porte des attributs prédéfinis. »

Je me suis sentie légère, cet acte était libérateur et personne ne s’y attendais (même pas moi pour tout te dire). Je pense que surtout sur les réseaux sociaux, mes cheveux c’était ma « marque de fabrique », et là, j’en avais presque plus ! Quelques jours après je suis partie voir ma coiffeuse, Anielle de Haircraze à Port-Louis pour qu’elle puisse corriger ce que j’avais fait parce-que je t’assure que sur la photo ça a l’air hyper beau mais en vrai, ce n’était pas terrible surtout à l’arrière…

Au premier coup de tondeuse j’étais en panique, j’avais le cœur qui battait tellement vite…

J’avais peur parce-que je n’avais jamais eu les cheveux aussi courts mais en même temps je sentais comme une sorte d’adrénaline en moi. Je me sentais forte !

J’avais l’impression de rompre avec les attentes de la société, de reprendre le contrôle. Je me sentais BADASS !

Il y avait deux types de réactions à ma nouvelle coupe de cheveux. Certains m’ont dit que ça me va bien, que c’est sexy, ça change… et d’autres m’ont dit « pourquoi tu t’es coupé les cheveux ? », « tu ne réalises pas la chance que tu avais d’avoir de beaux cheveux », « les hommes aiment les filles aux cheveux longs », « Tu ressembles un peu à une lesbienne ». J’ai envie de te dire mais à quel moment je t’ai demandé ton avis? À quel moment je n’ai pas le droit de faire ce qui me plaît ? Je te rassure que se soit les compliments ou les critiques, il n’y a pas eu d’impact sur moi. J’étais juste contente et je me sentais bien.

J’ai donc eu trois phases capillaire importantes dans ma vie – la phase cheveux droits, la phase cheveux bouclés et maintenant celle avec le crâne rasé. Dans tout les cas, j’ai eu droit aux critiques. C’est une phrase que je dis souvent : « Peu importe ce que tu vas faire, les gens ne seront pas contents alors autant faire ce qui te plaît vraiment ».

« C’est épuisant de s’entendre dire ce que devrait être la beauté. Je suis fatiguée de cette société qui définit la beauté pour nous.

Ôtez vos vêtements. Enlevez votre maquillage, coupez vos cheveux. Débarrassez-vous de toutes les possessions matérielles. Qui sommes-nous? Comment définissons-nous la beauté? Que considérons-nous comme beau ? »

-Cara Delevingne

Depuis, j’ai découvert une nouvelle version de moi, beaucoup plus épanouie. Les gens ne se concentrent plus sur ma tête mais sur mes traits, mes yeux et mon sourire. Je ne me cache plus derrière mes cheveux et je gère mieux mon anxiété sociale grâce à cela. Je me sens bien, je me sens femme ! J’ai même l’impression d’avoir fait la paix avec une partie de mon passé et de commencer une nouvelle histoire où j’ai finalement repris le contrôle. Je me sens… puissante et belle.

C’est définitivement une phase qui m’a fait du bien et qui m’a fait grandir. Je vis la repousse plutôt bien, pour tout te dire j’ai toujours eu les cheveux qui poussent extrêmement vite, donc, je profite des moments où je peux encore toucher mo coco sans avoir les doigts coincés dans mes boucles. J’ai hâte de retrouver ma touffe en sachant que j’ai appris à me sentir belle sans elle…

14 commentaires sur « Je me suis rasée la tête… et ce n’était pas pour un big chop ! »

  1. C’est tellement magnigique ce que t’a écrit et pour une débutante tu de débrouille super bien. Et ça te va à ravire les cheveux courts t’es super stylé,belle,femme et sexy.

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  2. J’adore vraiment tout de toi…. tu m’inspires beaucoup et j’ai appris avoir confiance en moi et de commencer à assumer mes cheveux bouclés. T’es une grande inspiration pour beaucoup d’autres filles encore. J’espère que tu accomplisse toutes tes rêves et je te souhaite tout le meilleur dans ta vie car tu le mérite vraiment !! #Mkteam💙🍍

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  3. Tu m’inspires beaucoup! Grâce à toi j’ai commencé à assumer mes boucles, j’ai toujours eu les cheveux longs et je les lisser sans cesse en forme une et deux… après avoir découvert ta chaine YouTube en 2016 j’ai commencé à aimer mes boucles. J’adore vraiment ton travail et t’es petits vidéos tout cela est vrai c’est aussi ce que j’aime chez toi… tu n’est pas une influenceuse mais tu fais ressortir ce qu’il y a de meilleur en beaucoup de jeunes filles. J’espère que toutes tes rêves se réalisent car tu le mérite ! #Mkteam 🍍💙

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  4. J’adore beaucoup ta façon de t’exprimer c’est presque une passion de t’écouter😂😂 mais franchement c’est vraiment beau ce que t’as écrit et j’ai touuuut lu. T’es une personne qu’on a envi de découvrir, petite mais puissante 💪🏼 avec un parcours comme le tien chapeau 🎩. Tout ce qui compte c’est toi et toi même (sans offenser Suzanne) on a tous besoin d’évoluer dans cette société dictative et rare sont ceux/ celles qui les contredisent d’une certaine façon.
    Courage ma belle 💪🏼❤️

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  5. Alors là.. CHAPEAU !

    Moi aussi j’suis comme toi, j’ai subi bcp de critiques.. J’ai des cheuveux crépus.. J’avais fait des défrisages et les lissait bcp, franchement ça ressemble à rien comparé au naturelle.. J’ai fait bcp de crises de dépression parce que de 1 mes cheuveux étaient abîmés et de 2 ont me traiter trop de « latet sec » « cv la paille »..

    Et l’année d’avant, le 14 novembre, le dernier jour de mes examens d’HSC, j’ai fait mon big chop..

    J’ai tellement aimé que je suis recoupé les cheuveux 6 fois😂❤️ et là depuis août 2019 j’ai finalement laisser pousser.. Je prens bien soin de mes cheveux en le laissant dans son état naturel.. Je me sens tellement bien dans ma peau mtn😊

    Et j’avais fait un live story sur ma page d’insta pour inspiré les autres 🌈

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  6. Je ne me suis pas lassée une seconde en te lisant. Merci pour cette part de toi que tu as bien voulu nous montrer. Elle m’a beaucoup aidé à me remettre en question et à me focaliser sur ce qui compte réellement. C’est bien de savoir qu’il existe des personnes comme toi, généreuse et inspirante, qui mette leurs expériences au profit de ceux et celles qui en ont besoin. Encore merci et continue d’être la personne que tu es.

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  7. Coucou, tu m’inspires beaucoup. Par contre, j’ai les cheveux lisses de base. Hier, je me suis coupée les cheveux court mais on n’a plus ou moins râté ma coupe. Du coup, j’ai beaucoup de mal à m’habituer à cette coupe et en même temps j’étais triste de les avoir coupés car je l’avais fait sur un coup de tête. Mais en lisant ton article, j’ai compris que ce ne sont pas mes cheveux qui définissent si je suis jolie ou pas après ils vont certainement repousser. Merci beaucoup. Ton article m’a beaucoup aidé ❤ et c’était très touchant tout ce que tu as écris. Bisous 😘

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